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« Il faut penser l’EHPAD comme une plateforme de ressources ancrée et ouverte sur le territoire » Jean-Pascal Piermé, Agirc-Arrco

Vous avez contribué au guide de l’ANAP sur les repères organisationnels et de dimensionnement en surface en EHPAD. Que vous a apporté cette participation ?

Au sein de l’Agirc-Arrco, nous nous inscrivons dans une démarche de partage des bonnes pratiques. Nous publions donc régulièrement des retours d’expérience, sur plusieurs sujets. Toute contribution dans le cadre de l’intérêt général, en apportant notre faible expérience et en contribuant à la mise en place de référentiels d’aide aux opérateurs, nous semble nécessaire. De plus, ces repères peuvent aider les EHPAD à nous transmettre en retour des dossiers plus matures et mieux travaillés dans le cadre des partenariats que nous tissons.

Nous sommes très favorables aux travaux collectifs de ce type que ce soit avec nos établissements ou avec des établissements ou des groupes partenaires.

Je souhaite d’ailleurs remercier l’ANAP d’avoir souhaité traiter ces sujets complexes. Je renouvelle également l’expression de notre volonté à continuer au développement de ce type de travaux de partage des bonnes pratiques.

Selon vous, qu’apportent concrètement ces repères et ces retours d’expérience aux gestionnaires d’EHPAD et aux autres acteurs du système ?

Plus qu’aux gestionnaires, c’est pour les équipes chargées de faire évoluer et de créer des EHPAD que ces repères sont intéressants. Nos débats sont partis d’une vision assez orientée «  sanitaire », pour aboutir à une vision plus large. Nous avons compris en effet qu’il s’agissait d’un véritable espace de vie, ouvert vers l’extérieur, dans lequel le projet de l’EHPAD devait être intégré dans son territoire. Les espaces permettant de développer cette vie au sein des EHPAD constituent en fait l’essentiel du projet de chaque EHPAD. Globalement, les repères sont communs, mais c’est l’ajustement des différents types de surfaces qui permet de faire aboutir le projet d’EHPAD. Il s’agit là d’une forte valeur ajoutée de ce travail mené par l’ANAP.

Selon vous, comment doivent s’articuler le projet immobilier et le projet d’établissement ?

Nous mettons en place aujourd’hui des EHPAD centres de ressources ouverts sur le territoire. Nous devons donc nous demander comment accueillir des populations de façon temporaire ou des partenaires, ou encore ouvrir des services vers l’extérieur. Il s’agit ainsi de transformer des établissements d’unités fermés en centres de ressources ouverts sur un territoire. Il faut à présent formaliser cette réflexion, dont la traduction immobilière sera importante. L’aménagement des espaces en un lieu de vie ouvert constitue ainsi un élément très important.

Le document proposé par l’ANAP traduit la nécessité de faire émerger dans un premier temps un projet d’établissement ouvert sur le territoire. La réflexion se compose donc de trois volets : une partie immobilière, qui doit être aménagée de façon spécifique, un modèle métier et un modèle économique, parce que nous sommes tous liés à d’importantes contraintes économiques, qui sont de plus amenées à se renforcer dans les années à venir. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est nécessaire de rechercher des relais de croissance et de nouveaux services.

Enfin, quel conseil donneriez-vous aux gestionnaires d’EHPAD qui se lanceraient dans un projet de construction ou d’extension d’EHPAD ?

Selon moi, le seul conseil qu’il faut donner, c’est de penser l’EHPAD comme un centre de ressources, une plateforme de ressources ancrée et ouverte sur le territoire, et non comme un service hospitalier. Il s’agit en effet d’un lieu de vie. C’est cette vision très inclusive que nous défendons au sein de l’Agirc-Arrco, pour favoriser les approches non médicamenteuses, la recherche de l’autonomie chez les personnes hébergées, la prévention, et toutes autres actions visant à améliorer le confort. Il ne faut pas que l’EHPAD s’enferme dans ses propres murs.

Les contextes économiques et sociétaux nous incitent à présent à penser l’EHPAD dans un ensemble territorial, en lien avec les acteurs du territoire, pour des personnes très fragiles.

L’Agirc-Arrco

L’Agirc (Association générale des institutions de retraite complémentaire des cadres) et l’Arrco (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) sont les régimes de retraite complémentaire obligatoires des salariés du secteur privé, soit 30 millions de personnes, actives ou retraitées. Tous deux reposent sur les principes de répartition et de solidarité entre les générations.

L’Action sociale Agirc et Arrco s’inscrit dans ce principe fondamental de solidarité. En complémentarité avec des acteurs privés ou publics, elle s’adresse aux personnes en difficulté, qu’il s’agisse de retraités, d’actifs, de demandeurs d’emploi ou de personnes en perte d’autonomie.

L’aide à l’emploi des personnes en situation de handicap psychique entre dans le cadre de l’orientation prioritaire « Soutenir le retour à l’emploi des actifs les plus fragiles ».

> www.agircarrco-actionsociale.fr

Le guide « Repères organisationnels et de dimensionnement en surface en EHPAD » et le retour d’expériences sont disponibles en téléchargement sur le site de l’ANAP. Le guide peut être commandé en version papier