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La valorisation du patrimoine immobilier du CH de Sainte-Menehould

COMMENT SE PASSE LA VALORISATION DU PATRIMOINE HOSPITALIER DE L'ÉTABLISSEMENT HOSPITALIER DE SAINTE-MENEHOULD ET QUELS ENSEIGNEMENTS EN TIRER ?

Etienne MATHIEU : L'établissement de Sainte-Menehould a été reconstruit dans le cadre du plan Hôpital 2007. Il a quitté ses locaux, qui dataient du XVIIIe, en juin 2007. Les locaux sont restés inoccupés plusieurs années et ont alors connu des dégradations importantes, qui ont contraint la direction à réaliser de travaux d'entretien et de maintenance. C'est pourquoi nous avons répondu à l'appel à projets de l'ANAP pour la valorisation de sites immobiliers hospitaliers en 2011, avec monsieur Saint-Hubert, ex-directeur de l'hôpital puis directeur du CH de Chalons en Champagne avec direction commune. L'étude de reconversion est en cours : utilisations possibles de ces locaux, besoins éventuels de la commune, perspectives de développement économique ou touristique...
Francis Saint-Hubert : Avec l'accompagnement de l'ANAP, c'est notre vision qui a changé : nous étions dans une véritable impasse dans la période 2007-2011, nous pensions devoir vendre une « ruine ", sur un territoire économiquement déprimé... L'ANAP nous a fait comprendre que la qualité du bâtiment était remarquable, que ses atouts historiques étaient réels et que l'environnement territorial était dynamique. Nous avons compris que le projet de valorisation pouvait être mené dans de bonnes conditions. Ce projet a aussi eu le mérite de mettre les différents acteurs autour de la table : les élus, le notaire, l'ARS et bien sûr l'encadrement du centre hospitalier. Enfin, nous avons abouti à un cahier des charges pour la vente du site, que nous aurions bien été incapables de rédiger seuls.

Etienne MATHIEU : Le principal enseignement que je tire de cette expérience, c'est que les établissements hospitaliers, notamment les petits comme celui de Sainte-Menehould, sont désarmés face à de telles opérations : ils n'ont pas les compétences pour mener ces études et peinent à se positionner comme un interlocuteur efficace dans des discussions techniques et complexes, avec des élus qui, de plus, siègent dans les instances de l'établissement.

COMMENT SE POSITIONNENT LES DIFFÉRENTS ACTEURS – ARS, ANAP, ÉTABLISSEMENT – DANS LE CADRE D'UNE TELLE OPÉRATION ?

Etienne Mathieu : Même si j'ai une expertise partielle dans le domaine du marché immobilier, il serait difficile, de la part de l'ARS, de mener à bien l'appui d'une telle opération. En outre, il faut aussi reconnaître que l'ARS reste la tutelle et, pour cette raison, ne bénéficie pas du positionnement neutre de l'ANAP. C'est la raison pour laquelle j'ai été tout particulièrement intéressé par ce projet de l'ANAP, qui a permis à l'opération d'avancer et qui me permet d'acquérir une vraie expérience en la matière.

Francis Saint-Hubert : En effet, le positionnement de l'ANAP, en tant que tiers extérieur, s'est avéré très facilitateur. Certains de mes collègues ont peut-être des équipes ou des compétences adéquates, mais je ne pense pas que ce soit le cas de tout le monde : l'ANAP est, dans une telle situation, un " coach " qui accompagne, dialogue, conseille. De même, l'ARS nous est d'une grande aide, elle nous accompagne efficacement.

COMMENT AIDER AU MIEUX LES DIRECTEURS D'ÉTABLISSEMENT DANS LA VALORISATION DE LEUR PATRIMOINE ?

Etienne Mathieu : Les guides méthodologiques de l'ANAP sont un premier pas mais, pour des opérations comme la valorisation du patrimoine, j'estime que seul un accompagnement ANAP-ARS permettra de réaliser des études de reconversion, de mener les négociations et de réaliser la cession, en défendant au mieux l'intérêt de l'hôpital. C'est vrai pour les grosses opérations de CHU comme pour celles des petits établissements.

Francis Saint-Hubert : Les directeurs d'établissement doivent avoir l'humilité de se dire que la valorisation du patrimoine immobilier n'est pas leur métier, qu'ils n'ont pas l'expertise, qu'ils doivent s'entourer de compétences : ces dernières peuvent venir des guides de l'ANAP, mais aussi des ARS ou d'accompagnements ad hoc.