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« L’approche par parcours place la personne au centre du dispositif », Magali Coldefy, IRDES

Pourquoi conçoit-t-on de plus en plus l’organisation des soins en psychiatrie et santé mentale sous l’angle du parcours de la personne ?

L’approche par parcours n’est pas spécifique au champ de la santé mentale et de la psychiatrie, l’ensemble du champ sanitaire et social est concerné par cette évolution. L’approche par parcours permet de placer la personne au centre du dispositif et de penser plus globalement l’organisation des soins et services à mettre en place pour répondre aux différents besoins de la personne. Raisonner en termes de parcours, c’est appréhender simultanément différents intervenants dont les personnes elles-mêmes, impliqués dans le processus de prise en charge et poser la question de la finalité commune de leurs actions, et les modalités de leur interaction. La notion de parcours amène également à étendre les dimensions à prendre en compte au-delà du seul soin, les différentes dimensions de la vie quotidienne de la personne participent et contribuent à son parcours de santé et de vie. La notion de parcours appelle aussi une certaine dynamique, un lien entre les différents événements de vie et de santé et intervenants rencontrés quel que soit leur secteur d’appartenance.

En quoi les travaux de l’ANAP sont-ils complémentaires de la réflexion de l’IRDES et de la DREES dans le champ de la santé mentale ?

Les travaux de l’IRDES, comme ceux de la DREES, relèvent du champ des études et de la recherche appliquée, ils participent à améliorer la connaissance tout en aidant à la décision. Les travaux de l’IRDES, de la DREES et de l’ANAP se sont rejoints dans le champ de la santé mentale, notamment dans la réflexion relative aux diagnostics territoriaux et aux indicateurs pertinents de parcours à construire. L’IRDES et la DREES ont développé une expertise importante en matière de système d’information en santé et exploitation des différentes bases de données disponibles dans ce champ.

Quels nouveaux travaux vont être engagés en collaboration IRDES/DREES / ANAP dans le champ de la santé mentale ?

Nous finalisons actuellement un atlas « Psychiatrie-Santé Mentale » auquel l’ANAP est associée. Cet atlas se veut un outil utile aux acteurs pour élaborer leur projet territorial de santé mentale, en proposant un nombre important d’indicateurs contribuant aux diagnostics territoriaux partagés en santé mentale.

L’ANAP vient de publier un guide sur les parcours des personnes en psychiatrie, à la conception duquel vous avez participé et nous vous en remercions. Pourquoi avoir apporté cette contribution ?

Le champ de la psychiatrie et de la santé mentale a été pendant longtemps sous-investi au niveau national, malgré les nombreux rapports qui se sont succédé. Depuis quelques années, différents instances, organismes ont intégré cette thématique dans leur programme de travail. Lorsque l’ANAP a choisi d’investir ce champ et m’a proposée d’y participer, j’étais ravie en tant que chercheuse, de pouvoir contribuer à cette évolution. Les besoins sont tellement importants dans ce champ, et je suis heureuse de pouvoir apporter mes compétences à des organismes qui souhaitent faire avancer les choses et contribuer à améliorer les parcours de santé et de vie des personnes vivant avec un trouble psychique.

L’ANAP vient de publier un guide sur les parcours des personnes en psychiatrie, à la conception duquel vous avez participé et nous vous en remercions. Comment envisagez-vous dans votre domaine de compétence, intégrer la notion de parcours ?

La notion de parcours est intégrée dans la façon de penser mes projets de recherche au niveau des thématiques et des méthodes. Un projet en cours de démarrage va ainsi s’intéresser à la coordination des acteurs autour de la prise en charge des troubles mentaux sévères, en mobilisant l’analyse de réseaux. L’idée est d’analyser la coordination des acteurs comme un système responsable collectivement du parcours de santé et de vie des personnes et de sa qualité. Par contre, la notion de parcours se heurte parfois au cloisonnement des données et systèmes d’informations disponibles qui limitent les analyses qui peuvent en être faites, notamment entre les champs sociaux et sanitaires.

 

Le guide « Mettre en œuvre un projet de parcours en psychiatrie et santé mentale - Méthodes et outils pour les territoires » et le kit d’outils sont en téléchargement sur le site de l’ANAP. Le guide peut être commandé en version papier.