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« PREPS-SIPS nous a poussé à revoir nos méthodes de projet », Didier Alain

Vous avez coordonné à l’ANAP le projet PREPS-SIPS quels ont été selon vous les principaux bénéfices d’une telle démarche ?

Dans le cas de ce programme, nos premiers bénéficiaires sont les porteurs des projets d’informatisation dans les établissements de santé. Les directeurs des systèmes d’information, les professionnels de santé et les directeurs d’établissement ont maintenant une meilleure visibilité sur les impacts démontrés de l’informatisation. Ils disposent en outre d’outils et de méthodes pour améliorer le pilotage de leurs projets. Evidemment, le bénéfice final que nous escomptons de ce pilotage « amélioré » est qu’il renforce in fine l’impact positif des projets sur le service rendu aux patients, usagers et aidants, sur les conditions de travail des professionnels du secteur et sur l’efficience du système de santé dans son ensemble.

En second lieu, le pilotage « par les valeurs », par la prise en compte « native » des attentes des différentes parties prenantes, permet également de faire mûrir le dialogue entre établissement et ARS, voire avec le niveau national. Le bénéfice immédiat est constitué d’engagements réciproques plus clairs et d’une meilleure qualité de décision. Là aussi, le bénéfice in fine devrait être de meilleurs projets, avec de meilleurs résultats et impacts.

Ensuite, il faut savoir que dès l’origine du projet, nous souhaitions dynamiser la recherche sur ce thème. Il faut bien avouer qu’en 2011, il était globalement ignoré par les équipes de recherche. Il apparait clairement aujourd’hui que ce programme a été précurseur : actuellement, des équipes et des groupements de recherche se sont constitués et les projets de recherche se multiplient. Ce bénéfice, qui peut apparaître en première lecture comme secondaire, aura des effets positifs sur le moyen terme.

Pour terminer, notre équipe projet et l’Agence en général se sont fortement enrichis de cette longue interaction avec le monde de la recherche. Cela a des traductions concrètes dans nos approches opérationnelles, par exemple concernant les méthodes de validation de nos démarches et guides. Et surtout, nous avons pu commencer à tisser un maillage entre les chercheurs et les professionnels de terrain.

Avez-vous un exemple d’utilisation pratique par l’ANAP d’un élément qui découle de ce programme ?

Le grand nombre de résultats, méthodes et d’outils produits par les équipes de recherche nous a poussé à construire une démarche générale permettant de mettre à disposition ce matériau dans une forme accessible aux acteurs de terrain.

La construction de cette architecture, appelée REVALIS pour  « révéler les valeurs de l’informatisation en santé », nous a permis également de questionner et d’améliorer nos propres méthodes projet.
A ce jour, nous avons implanté dans nos méthodes internes de nombreux éléments constitutifs de REVALIS et du pilotage par la valeur créée. Par exemple, le ciblage des parties prenantes, de leurs attentes et la façon de mesurer leur satisfaction nous a permis d’améliorer les phases de cadrage de nos projets. En tant qu’Agence nationale, nous sommes confrontés de la même manière que les établissements de santé aux attentes de nos parties prenantes et aux difficultés d’arbitrage.