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Restitutions du 1er cercle imagerie « coopération et mutualisation en imagerie médicale »

Pourquoi un document de restitution ?

Les services d’imagerie connaissent des évolutions majeures qui ont de réelles conséquences sur leur fonctionnement, et donc sur les conditions de travail des professionnels.  La constitution récente de groupements hospitaliers de territoire, la raréfaction de certaines catégories de ressources humaines, les évolutions des techniques de radiologie ou encore les contraintes budgétaires qui pèsent sur les établissements sont autant de facteurs qui participent à cette transformation des services d’imagerie.

Depuis 2004, l’ANAP a mené de nombreux travaux sur la thématique de l’imagerie médicale (chantiers pilotes, déploiement, benchmark, projets performance,…). Elle propose aujourd’hui à tous les acteurs des services d’imagerie, une plateforme en ligne (http://imagerie.anap.fr/) mettant à disposition  un ensemble de solutions pour répondre aux problèmes organisationnels concrets, auxquels ils sont confrontés au quotidien. Un outil d’auto-évaluation (autodiag Imagerie) leur permet de réaliser rapidement un diagnostic qualitatif de leur organisation et du fonctionnement de leur service. Des fiches pratiques et des kits solutions regroupant des outils, démarches, bonnes pratiques et documents types, leur permettent d’appuyer et de concrétiser leurs projets de transformation. L’outil d’analyse des services d’imagerie, également disponible sur la plateforme permet aux professionnels d’établir un diagnostic de l’organisation de leur service et d’initier un plan d’action. Des appuis méthodologiques sont également organisés par l’ANAP dans le but de faciliter l’appropriation de cet outil par les utilisateurs.

Avec ce cercle et les suivant, l’ANAP souhaite enrichir son corpus de connaissances sur les principaux enjeux des services d’imagerie, et continuer à proposer des solutions répondant aux attentes des professionnels.

Rendez-vous est pris dès aujourd’hui pour la deuxième édition du cercle imagerie : le vendredi 31 mars 2017

Le cercle « IMAGERIE », ils y intervenaient et ils vous en parlent !

Pr Frank Boudghene, radiologue à l’Hôpital Tenon, CHU de l’Est Parisien (AP-HP), Président du Syndicat des Radiologues Hospitaliers (SRH)

Pourquoi avez-vous accepté de témoigner lors de ce 1er cercle sur l’imagerie médicale ?

J’ai jugé important d’y participer pour faire passer des messages notoires sur les objectifs que nous défendons au niveau de notre organisation professionnelle. En tant que responsable du syndicat, je siège également au Conseil professionnel qui pilote la radiologie au niveau national. Les enjeux actuels portent sur la mutualisation et la sur-spécialisation et donc la nécessité de définir des coopérations. Les points que nous avons réussi à intégrer dans la loi de santé en janvier dernier doivent à présent s’inscrire dans la réalité de terrain et les territoires.

Que retenez-vous des retours d’expériences présentés lors de ce cercle ?

J’ai été très intéressé par le retour d’expérience de mes collègues dans le Sud et en Bretagne, même s’ils sont très différents. L’une concerne un CHU et les CHU sont souvent aussi des GHT. L’autre porte sur un GHT inter-hospitalier, ce qui est très intéressant car l’impact de la réforme des GHT est majeur. L’imagerie est au cœur du projet médical et doit à ce titre participer à la mise en œuvre des GHT. Il faut donc faire comprendre qu’il est nécessaire d’intégrer la radiologie dans les coopérations territoriales, puisque c’est à ce niveau là que se décline le projet médical. Les GHT ne peuvent être repliés sur eux-mêmes au risque de décliner. Les GHT doivent s’associer avec les médecins radiologues libéraux pour disposer des meilleures compétences médicales sur un territoire au bénéfice des patients. L’objectif du Conseil professionnel de la radiologie est le patient : comment composer avec nos difficultés, nos outils et nos organisations pour soigner le patient du mieux possible ?

Il est important de comprendre que la technologie actuelle bouleverse complètement nos sociétés. Et dans le domaine médical, la radiologie transforme la médecine. Il faut donc veiller à réagir avec souplesse pour éviter une rupture de la chaîne de soins. Il est nécessaire d’associer davantage les radiologues à la stratégie des établissements qui ne doit pas être pilotée uniquement par des cliniciens. Les radiologues ont toujours été perçus comme une fonction support, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Il est grand temps de le prendre en compte.

La coopération et la mutualisation sont donc une des clés pour mieux prendre en charge le patient ?

Bien sûr ! Nous disposons d’outils techniques et technologiques tellement performants que nous ne pouvons plus détenir l’ensemble des savoirs. Le radiologue traite l’ensemble de la médecine et de la chirurgie. Les progrès de la science nous obligent à nous sur-spécialiser pour apporter la meilleure réponse aux patients. En outre, cette réponse est efficiente sur le plan économique car un bon diagnostic évite des traitements et des examens inutiles. Etant donné que le nombre de radiologues est limité notamment dans les territoires désertifiés, il est important de les rassembler pour que les patients puissent avoir accès aux différents spécialistes d’organes en imagerie.

Docteur Nicolas Morcet, Administrateur du GCS et radiologue, SCM les Cèdres et Dominique Radureau, Directrice de la strategie, CHT Rance Emeraude (St Malo, Dinan, Cancale)

Pourquoi avez-vous souhaité partager votre retour d’expérience avec vos collègues des autres régions lors de ce 1er cercle sur le thème de l’imagerie ?

Dr Morcet : Notre retour d’expérience est, de mon point de vue, un exemple réussi de coopération public-privé dans un territoire. Nous avons su exploiter, au maximum, les possibilités offertes par ce GCS grâce aux partenaires libéraux et publics afin de pérenniser une offre d’imagerie sur notre territoire.

Dominique Radureau : Pour ma part, j’ai souhaité montrer que dans une situation de pénurie qui affecte, en particulier, le secteur public, nous pouvons encore apporter des réponses afin de maintenir une imagerie de qualité sur un territoire.

Quelles sont les clés de la réussite d’un tel projet de de coopération public-privé sur un territoire ?

Dr Morcet : Dans le cadre de notre coopération, nous avons fait en sorte que le choix de nos équipements s’inscrive dans une logique de cohérence pour proposer une offre d’imagerie optimale aux patients du territoire.

Dominique Radureau : Un projet médical, une confiance entre les acteurs et un peu de temps pour lever les obstacles qui se dressent nécessairement sur le parcours sont les clés du succès d’une coopération public-privé. Il n’est jamais trop tard pour mettre en place ce type de démarche. Il nous appartient de proposer, aux jeunes en formation qui achèveront leurs études dans les dix ans à venir, des conditions d’exercice qui répondent aux besoins de la population. Or ces besoins seront amenés à croître.

Dr Morcet : La bonne entente entre les différents acteurs est également essentielle. Le secteur libéral et le secteur public sont deux mondes différents qui n’ont pas les mêmes prérogatives mais nous avons pu mettre en place un projet bénéfique pour les deux parties et pour le patient. Nous n’avons pas attendu que ce fonctionnement nous soit imposé. Cette démarche émane d’une volonté des acteurs de terrain.

Professeur Jean-Paul Beregi, MD-PHD, Service de radiologie et d’imagerie médicale, CHU Caremeau (Nîmes)

Que retenez-vous de ce Cercle ?

Je suis toujours volontaire pour les échanges d’expériences ! Il ne s’agit pas d’un modèle descendant comme celui qui prévaut dans l’enseignement où le professeur indique la marche à suivre. Ce type de réunion permet de discuter des méthodes qui ont fonctionné ou pas et d’avancer ensemble. Cette méthode canadienne de l’apprentissage à partir des problèmes consiste à s’appuyer sur des situations réelles. De façon croissante, les médecins libéraux doivent s’impliquer dans les organisations. Je suis donc très heureux de rencontrer plus de 70 personnes aujourd’hui. La radiologie est une spécialité innovante. Les multiples organisations mises en place évoluent en permanence. Nous devons réfléchir à nos organisations pour qu'elles s'adaptent en permanence avec comme objectif la qualité et la sécurité de nos pratiques pour le patient.

Le cercle est-il le lieu adéquat pour réfléchir ces nouvelles organisations ?

Le cercle est un lieu neutre. L’ANAP nous aide à conceptualiser les indicateurs et les outils d’organisation, à rencontrer la DGOS et les acteurs qui permettent de placer le patient au centre du débat. La Direction, le Ministère et les professionnels doivent développer des synergies pour optimiser le parcours de soins et la prise en charge des patients.

La mutualisation et la coopération… est-ce l’avenir de l’imagerie ?

Je ne dirais pas cela. Bien que l’imagerie soit basée sur des équipements et des biomarqueurs qui doivent être connus des radiologues, la mission du radiologue repose sur quatre piliers :

  • valider l’indication ;
  • mettre en œuvre le protocole adéquat ;
  • interpréter correctement les images ;
  • gérer le suivi du patient.

Le médecin radiologue n'est pas un gestionnaire d'actes mais bien un soignant qui participe à la prise en charge d'un patient. Devant les possibilités croissantes de la radiologie et imagerie médicale, face à des innovations technologiques et informatiques, la mutualisation autour d'équipes médicales radiologiques permettra d’offrir aux patients la meilleure prise en charge autour de pratiques optimisées. Il s'agit d'innover dans nos organisations en construisant une offre qui va de la proximité à des centres très spécialisées.

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