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Améliorer la gestion des transports sanitaires en établissement de santé

QUELLE SITUATION DE DÉPART, DANS VOTRE ÉTABLISSEMENT, A JUSTIFIÉ DES ACTIONS D'AMÉLIORATION DE LA GESTION DES TRANSPORTS SANITAIRES ?

Des données qualitatives et quantitatives ont été recueillies dans les services les plus générateurs de transports sanitaires : dialyse (particulièrement concerné par les transports récurrents), orthopédie, neurologie et consultations externes ; nous avons aussi inclus dans la réflexion les transports internes et inter-sites à la charge de l'établissement. Le diagnostic a été réalisé alors que nous constations une augmentation des dépenses de transports à la charge de l'Assurance maladie de 6,4 % entre 2009 et 2010. L'enseignement le plus marquant a porté sur les arrivées aux consultations externes : 64 % des patients en transport sanitaire privé arrivaient sans prescription de transports. Le diagnostic a aussi révélé que les relations avec les transporteurs représentaient une charge importante pour les équipes soignantes et les secrétariats. Enfin, les connaissances des professionnels de terrain étaient perfectibles, qu'il s'agisse de la réglementation, des conditions de prise en charge ou encore du coût de ces transports pour l'Assurance maladie.

QUELS ÉTAIENT LES OBJECTIFS DE VOTRE PROJET D'AMÉLIORATION DE LA GESTION DES TRANSPORTS ?

Nous avons identifié quatre axes de réflexion. Premièrement, sensibiliser les acteurs de terrain à la limitation du nombre de patients venant en consultation externe sans prescription médicale de transport. Le directoire et les instances médicales ont, eux aussi, été sensibilisés (CME, chefs de pôle…). Une démarche d'Evaluation des pratiques professionnelles sur les consultations externes a également été lancée en liaison avec le corps médical.

Deuxièmement, nous avons envisagé de contractualiser avec la CPAM pour proposer des prestataires, sélectionnés sur appel d'offres, à des tarifs moins élevés que ceux de l'Assurance maladie. Mais ce projet s'est heurté à plusieurs difficultés notamment quant au respect du libre choix du patient et aux flux financiers avec la CPAM et n'a pas abouti.

Le troisième axe a consisté à renforcer la connaissance des acteurs sur le transport sanitaire : mettre à disposition une plaquette de la CPAM sur le coût des transports, clarifier les procédures internes (liste des transports sanitaires agréés, par exemple).

Enfin, nous avons souhaité optimiser les transports à la charge de l'établissement, notamment parce que le diagnostic avait révélé que l'établissement recourait à des prestataires privés pour ses transports internes, y compris pendant les heures de présence des transporteurs de l'établissement. Nous avons donc renforcé les équipes de transport interne et avons partagé leur planning au profit des secrétariats, pour plus de visibilité sur leurs disponibilités.

Il est encore trop tôt pour tirer tous les enseignements de ce projet, mais on constate que l'augmentation des dépenses de transports sanitaires à la charge de l'Assurance maladie a fléchi en 2012. De même, des résultats positifs peuvent être observés concernant les transports internes pour la 2e moitié de 2012.

QUELS SONT LES GRANDS ENSEIGNEMENTS DE CE PROJET ?

Un projet d'amélioration de la gestion des transports sanitaires est d'autant plus délicat qu'il touche à la liberté de choix des patients et à la justification des prescriptions médicales. C'est pourquoi l'implication des directions est nécessaire, tout comme est indispensable l'engagement et le soutien du corps médical dans un tel projet. Une bonne articulation avec la CPAM est elle aussi capitale dans un tel projet.