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Gestion des lits : focus sur les projets du CHU d’amiens et du CH d’Armentières

Le Pr Jean-Pierre Ducroix, ancien chef de service de médecine interne, est consultant auprès du CHU d’Amiens. Le professeur nous apporte un éclairage sur le projet mené au CHU d’Amiens.

Quel est votre projet et aujourd’hui, où en êtes-vous ?

Avant même le projet ANAP, nous avons déjà initié un projet sur la gestion des lits non-programmés, qui associait les urgences, des services de médecine, la CME, des représentants du CHU.

Une fois que le projet ANAP s’est constitué, ce travail a pris une dimension institutionnelle avec l’association de la représentation de la Directrice adjointe, de la CME, des cadres soignants, de la direction des soins, des cadres de santé.

Notre projet porte sur l’amélioration de la prise en charge des patients, comme le projet de l’ANAP, et est maintenant soutenu par une volonté institutionnelle franche. Je me suis consacré à ce projet sans aucun parti pris ni préjugé. J’ai trouvé qu’il y avait de l’intérêt.

Notre travail a abouti à la production d’un logigramme, s’attachant à décrire le parcours du patient à son arrivée aux urgences, avec plusieurs scénarios d’orientation en fonction de sa pathologie.

C’est une démarche intéressante (et d’ailleurs d’autres établissements mènent un travail comparable) parce qu’il pourrait servir de base à la production d’une charte des parcours patients.

Notre projet porte aussi sur d’autres aspects comme le développement des sorties du patient le matin, la check list du patient avant sa sortie, toute l’information donnée au patient au travers du livret d’accueil, le salon de sortie.

Que pensez-vous du cercle inter régional ? Qu’en retenez-vous ?

Je trouve que le partage d’expériences est extrêmement intéressant. Le CH de Lens nous a présenté son témoignage de manière très structurée et riche d’enseignement.

Le second témoignage portait sur le système d’informatisation. Tout ceci nous donne des idées, bien que je pense que l’adaptation d’une telle démarche au niveau d’un CHU soit très complexe à cause de la contrainte de saisie d’un volume important de données.

Ludovic Lesage, Cadre supérieur de santé paramédical au CH d’Armentières est pilote et coordonnateur du projet de Gestion des Lits, depuis janvier 2014, en binôme avec le Dr Quentin, vice-présidente de CME et médecin DIM. Ludovic Lesage à bien voulu répondre à nos questions.

Quel est votre projet et aujourd’hui, où en êtes-vous ?

Plusieurs thématiques inscrites dans le projet ANAP recoupent des démarches dé jà actives dans notre établissement. Par exemple le développement de l’ambulatoire est en lien avec notre action « Optimisation et amélioration du recours aux alternatives à l’hospitalisation ». Ainsi, le dispositif ANAP vient alimenter, et apporter une aide à un groupe déjà existant qui s’appelle chez nous la « dynamisation de la filière ambulatoire ».
Après une phase de diagnostic et de définition des actions, nous sommes maintenant dans la phase de mise en oeuvre de ces actions et de lancement de la démarche. Quand nous avons fait le bilan, et mis toutes les actions bout à bout, je dois dire que nous avons eu le sentiment d’un travail titanesque à accomplir !
Nous avons regroupés les actions en 4 grands groupes :

Groupe 1 : Harmoniser et formaliser les parcours patients

Il s’agit de décliner plusieurs éléments, avec notamment la création d’un comité « parcours patient », pluridisciplinaire, qui va s’intéresser aux parcours programmés et non programmés.

Groupe 2 : Visualisation, fiabilisation des données et gestion anticipé des séjours

L’ordonnancement des séjours consiste à organiser et anticiper les séjours, les examens et la consultation. Comment organiser, visualiser, et avoir une bonne information au bon moment, qui soit à la fois fiable, transmissible, et utilisable par ceux qui décident de l’orientation des patients, un outil d’aide à la décision.

Groupe 3 : Les nouveaux réflexes liés à la prise en charge et à la qualité de prise en charge des patients

Cela concerne les dates prévisionnelles de sorties, les sorties matinales, les indicateurs de qualité de prise en charge liées à l’IPDMS par exemple, gestion de l’aval, travail avec les consultations, etc. Dans notre établissement, nous avons déjà une culture de l’indicateur, mais les méthodologies de calcul n’étaient pas partagées. Ainsi, nous pouvions toujours nous interroger sur leur fiabilité et leur cohérence. Nous avons donc décidé de partager les méthodes, afin d’aller vers une harmonisation des indicateurs, permettant de les légitimer.

Groupe 4 : Réflexion capacitaire et réorganisation de l’hébergement

Nous ne sommes pas forcement sur une réduction du capacitaire, (qui n’est pas pour moi un besoin indispensable) mais plus sur l’adaptation du capacitaire en fonction de la variation de l’activité. Nous menons une réflexion intense et passionnelle, qui progresse, qui avance et s’entrechoque. Cette réflexion se fait en lien fort avec le directoire de l’établissement.

Que vous a apporté le dispositif proposé par l’ANAP ?

Le dispositif proposé par l’ANAP nous apporte une objectivation de ce que nous savions déjà. C’est une aide méthodologique et structurée qui dépassionne les débats. L’accompagnement par l’ANAP c’est un partage d’informations avec d’autres établissements qui nous permet de dégager et de mettre sur la table des constats, parfois des « évidences », et à partir de là, de trouver des pistes qui nous permettent d’orienter toujours mieux une coordination de nos actions, pour un meilleur parcours du patient. Mieux coordonner les actions de chacun pour réussir le parcours du patient. L’ANAP nous a forcés à adopter un rythme et une motivation, qui nous a permis d’avancer.

Que pensez-vous du cercle inter régional ? Qu’en retenez-vous ?

J’en retire, à titre personnel, la satisfaction d’avoir été sollicité par l’ANAP pour présenter le travail de mon établissement. Partager notre travail, je trouve cela valorisant, donc, je suis ravi d’avoir pu participer de manière active à ce partage d’expérience. Le Cercle interrégional a l’avantage de rassembler beaucoup d’établissements, et a l’inconvénient de se dérouler sur une seule journée.

J’ai la conviction que l’échange intellectuel à une grande valeur pour réussir de grands projets. J’attends donc beaucoup de cet après-midi : j’espère trouver des déclencheurs dans les échanges, que nous pourrons utiliser, parce que de temps en temps, un déclic, une bonne idée, font beaucoup de bien au projet. Echanger sur un projet, partager le maximum d’information, communiquer sont pour moi des clés de réussite des projets. La fin de l’histoire n’est pas écrite et nous partageons avec conviction les avancées de nos actions. Ce n’est pas simple pour un hôpital de se mettre en mouvement, de manière aussi importante, autour d’un projet qui tente de rendre lisible la totalité des projets autour d’un axe « Gestion des lits » mais qu’on aurait pu aussi appeler le « parcours du patient » tant il s’inscrit dans ces problématiques.

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