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« Le parcours est le seul processus faisant intervenir de façon coordonnée et collaborative l’ensemble des acteurs », Pascal Mariotti, ADESM

Pourquoi conçoit-on, de plus en plus, l’organisation des soins en psychiatrie et santé mentale sous l’angle du parcours de la personne ?

La question est redoutable car elle renvoie aux fondamentaux. Si on raisonne sur le champ, plus large, de la santé mentale, on s’inscrit nécessairement dans une logique de parcours. La complexité de ce champ, à la fois sanitaire, social et médico-social, ne peut être appréhendée qu’au travers du droit commun et du milieu ordinaire et non par les approches spécifiques à chaque métier. Par ailleurs, il faut l’approcher avec un auto-centrage sur l’individu et les personnes qui gravitent autour de lui. Si on souhaite gérer cette complexité et faire coopérer les acteurs entre eux, l’unique solution est de raisonner par processus et parcours. Le parcours est le seul processus qui permet de décrire une solution faisant intervenir, de façon coordonnée et collaborative, l’ensemble des acteurs.

L’ANAP a récemment publié un guide sur les parcours de personnes en psychiatrie. Vous avez participé à sa conception et nous vous en remercions. Pourquoi avez-vous apporté cette contribution ?

J’ai rejoint ce groupe de travail sur les parcours territoriaux un peu par hasard notamment lors de la première vague d’expérimentations. C’est la raison pour laquelle, nous avons une bonne connaissance du cas de la Bretagne qui est le plus documenté. Mon prédécesseur qui était encore président de l’ADESM m’a demandé de le relayer dans ce groupe de travail. L’ADESM a donc été sollicitée par l’ANAP pour intégrer ce groupe. Cette participation fait partie de nos coopérations inter-institutionnelles.

Il semble essentiel de diagnostiquer l’ensemble des problématiques du parcours et des acteurs en présence. Un changement de paradigme est toutefois constaté car l’initiative, de par la loi, devient celle des acteurs alors que dans le modèle expérimental, le pilotage était assuré par l’ARS. Dorénavant, l’objectif est de s’emparer des outils mis à disposition par l’ANAP pour travailler sur les diagnostics territoriaux et mettre en œuvre les projets territoriaux de santé mentale en s’appuyant sur le retour d’expérience.

Quel est l’apport de ces travaux pour les acteurs impliqués dans le champ de la santé mentale ?

Les outils rappellent des évidences auxquelles nous ne sommes pas toujours préparés. Dans trop de démarches, la psychiatrie est encore perçue comme celle qui viendrait faire en quelque sorte la leçon au secteur médico-social et aux autres acteurs. Evitons aussi de concevoir la communauté psychiatrique de territoire (CPT) comme un organe qui serait d’abord un outil de portage  piloté par l’hôpital psychiatrique et non pas partagé par l’ensemble des acteurs.  
Nous n’appliquons pas encore assez  les principes collaboratifs évoqués par l’ARS Bretagne. L’outillage permet de montrer la cohérence potentielle des différents acteurs et de leurs apports réciproques et complémentaires. L’outil n’est pas l’élément décisif mais il met en évidence la nécessité de  partager ’une unité de conception. Chacun dans son établissement ou son territoire devra donc amener sa pierre à l’édifice, se détacher des frustrations réciproques et des approches par structure. Le contenu de l’outil permet ainsi d’alimenter cette réflexion sur le sens qu’il convient de donner à l’action et sur ses modalités de mise en œuvre.

 

Le guide « Mettre en œuvre un projet de parcours en psychiatrie et santé mentale - Méthodes et outils pour les territoires » et le kit d’outils sont en téléchargement sur le site de l’ANAP. Le guide peut être commandé en version papier.

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