En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés à vos centres d’intérêts et réaliser des statistiques de visite. En savoir plus.

Outil d’autodiagnostic en stérilisation : vers la professionnalisation du métier d’agent de stérilisation

Pourquoi avez-vous souhaité rejoindre le projet ANAP sur l’efficience opérationnelle et économique des services de stérilisation ?

La stérilisation de l’AP-HM a souhaité participer au groupe d’établissements testeurs de l’outil d’autodiagnostic proposé par l’ANAP dès la parution de l’appel. En effet, les professionnels de la stérilisation en milieu hospitalier demandaient une réforme de l’unité d’œuvre de production, et nous avions suivi avec intérêt les travaux de l’Association Française de Stérilisation (AFS) qui ont établi une catégorisation des dispositifs médicaux (DM) stérilisés et une valorisation pertinente de l’activité en stérilisation.

Au sein de l’AP-HM, nous avions fin 2014 pratiquement finalisé la montée en charge de la nouvelle stérilisation de la plateforme logistique, tout en maintenant l’unité de stérilisation de l’Hôpital de La Timone en fonction et nous avions besoin d’avoir une « photo » objective sur l’efficience de nos 2 unités de production.

L’activité de la PUI stérilisation de l’APHM est organisée en 2 unités de production, avec des organisations très différentes :

  • une unité intrahospitalière sur l’hôpital de La Timone, dédiée au traitement des DM du site avec une ouverture en continue
  • une unité externe sur la plateforme logistique de l’AP-HM, prenant en charge les DM issus des 4 établissements hospitaliers de l’APHM, avec une ouverture en journée 6j/7.

En accord avec notre direction de pôle, nous avons donc décidé d’utiliser l’outil comme une aide à la décision interne, en remplissant un dossier par unité de production.

Travailler sur ces problématiques vous a-t’ il permis de créer du dialogue dans votre établissement ? Et avec votre éditeur de logiciel ?

Nous avons d’emblée proposé dans l’équipe de pilotage du projet d’associer le cadre administratif du pôle avec le pharmacien gérant de la PUI. En effet, comme cela a été dit lors de la journée de restitution, il est évident que l’outil ne pouvait être rempli seulement par les équipes de stérilisation ou le service du contrôle de gestion.

Premièrement, en ce qui concerne l’analyse des coûts, l’AP-HM avait déjà mis en place un suivi strict du coût mensuel des fonctions support mais les chiffres étant globalisés sur l’ensemble des dépenses, nous n’avions pas de réelle connaissance des différentes catégories de coût. A l’inverse notre contrôleur de gestion maîtrisait parfaitement les différents comptes mais sans forcément savoir si les coûts imputés étaient uniquement des coûts directs, quelles étaient les clés de répartition pour certaines dépenses indirectes, s’il y avait des dépenses non imputées sur nos comptes.

Le travail du cadre administratif a alors été de collecter les données manquantes ou incomplètes pour répondre le plus exhaustivement possible et être le plus juste possible dans nos analyses de coûts respectives en interne.

Ensuite, en ce qui concerne la valorisation de l’activité de production en fonctions des différentes catégories d’unités d’œuvre, il nous semble que le dialogue avec les éditeurs est essentiel, afin que les bases de données évoluent pour que nous puissions facilement utiliser l’outil.

La grande difficulté à exploiter nos bases actuelles font que bon nombre d’établissements, alors qu’ils sont informatisés, ont choisi de réduire la période d’analyse, voire même de passer par un recueil manuel des données, ce qui entraîne forcement des biais dans l’analyse finale.

Il faudra donc nous assurer, avec le soutien de l’ANAP et de l’AFS, que les éditeurs proposent rapidement des versions compatibles avec l’outil, en tenant compte des remarques que l’ensemble des établissements leur ont fait parvenir en phase de test.

La restitution individuelle vous a-t’elle aidé à identifier des pistes d’amélioration ?

Lors du remplissage de l’outil, nous avions constaté des différences importantes entre nos 2 sites d’exploitation que nous expliquions par la différence structurelle des sites.

La restitution individuelle nous a permis de nous positionner parmi un panel d’établissement et donc d’attirer notre attention sur des valeurs extrêmes par rapport aux médianes ou moyenne des établissements. Nous avons alors pris contact avec des confrères possédant des unités de stérilisation comparables aux nôtres afin d’échanger sur la valorisation de l’unité d’œuvre de certaines activités (odontologie…), sur le périmètre des tâches des différents effectifs et sur les coûts retenus (maintenance, fluides, etc.).

Cela nous a permis de détecter des erreurs de déclaration dans notre outil (erreur d’affection de personnel du pôle par exemple), mais également des biais de déclaration, et enfin de réfléchir sur l’efficience et le coût de chacune de nos organisations en regard des valeurs consolidées.

L’outil a conforté un projet en cours portant notamment sur l’optimisation du fonctionnement d’un de nos sites de stérilisation (Timone).

Que vous a apporté la journée de restitution du 24 novembre 2015 ?

La journée de restitution a permis d’ouvrir le périmètre des échanges sur l’ensemble du panel, avec notamment les difficultés et les biais méthodologiques que nous avions tous pu rencontrer, ainsi que les évolutions à apporter à l’outil pour le rendre le plus pertinent possible.

Cela a aussi permis de bien redéfinir l’objectif de l’outil, qui ne prétend pas établir une norme, mais doit effectivement servir de base de travail sur la réflexion de l’efficience et du coût de nos organisations et de nos structures.

L’échange avec l’ANAP a aussi servi à bien redéfinir l’intérêt de certains indicateurs (les délais de traitement pour les blocs opératoires) ainsi que les limites du comparatif pour d’autres (indicateurs qualité).

Contact(s)