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Zoom sur les transports sanitaires en Champagne-Ardenne

POURQUOI LA RÉGION CHAMPAGNE ARDENNE S'EST-ELLE LANCÉE DANS LE PROJET TRANSPORTS AVEC L'ANAP ?

Marc DACLIN, directeur de projet Performance et gestion du risque, Direction de l'offre de soins de l'ARS Champagne Ardenne :
Les transports sanitaires sont un système complexe (en raison de la réglementation ou du nombre d'acteurs impliqués) qui n'est bien souvent pas piloté et dont les coûts ne sont pas maîtrisés. Ces constats sont moins vrais en Champagne Ardenne, où les coûts évoluent plus favorablement que dans les autres régions, grâce notamment aux actions de sensibilisation menées de longue date par l'assurance maladie. Il reste qu'un des objectifs est de réussir à piloter cette activité et de préparer les établissements à une contractualisation avec l'assurance maladie. C'est la raison pour laquelle l'ARS a été moteur : elle souhaite équiper les établissements d'outils de pilotage mais aussi avoir une vision régionale des transports et de l'impact des éventuelles modifications de l'offre de soins sur les transports. Nous avons alors choisi de prendre un temps d'avance afin d'être prêts, le temps venu, à déployer les bonnes pratiques des établissements expérimentateurs dans tous les autres établissements de la région.

Magali MANGIN, responsable du département hospitalisation transport CPAM de la Marne, et chargé de l'Observatoire régional du transport Assurance maladie :
Pour sa part, l'Assurance maladie a répondu bien volontiers à la sollicitation de l'ANAP et de l'ARS étant donné l'intérêt qu'elle porte aux transports depuis plusieurs années. Elle s'intéresse à ce sujet sous trois angles : la maîtrise de la dépense, la multiplicité d'acteurs (prescripteur, transporteur…) et le lien fort de cette problématique avec celle de l'accès aux soins, notamment dans une région comme Champagne Ardenne. Il ne s'agit donc pas de dépenser nécessairement moins mais de dépenser à bon escient.

TROIS ÉTABLISSEMENTS DE LA RÉGION ONT ÉTÉ ACCOMPAGNÉS SUR CE PROJET TRANSPORTS. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS ?

Marc DACLIN :
Trois établissements, avec divers niveaux de maturité dans le domaine des transports sanitaires, ont participé au projet : les Centres hospitaliers de Troyes et de Chaumont ainsi que l'Institut Jean Godinot. Pour les deux premiers, le projet leur a permis d'avoir une bien meilleure connaissance de cette problématique et de mettre en œuvre des actions concrètes afin de mieux maîtriser leurs coûts, comme la renégociation de marchés de transports. L'Institut Jean Godinot a expérimenté des solutions innovantes et expérimentales d'hébergement pour les personnes éloignées de ce centre de lutte contre le cancer.

Magali MANGIN :
Je souhaiterais pour ma part insister sur la méthode utilisée : jusqu'à présent, nous n'avions jamais travaillé en mode projet avec l'ARS et les établissements, en réunissant un groupe régulièrement pour insuffler une dynamique dans la mise en œuvre d'un projet concret. Le faire nous a d'abord permis de mettre le doigt sur certaines réalités : par exemple, les établissements avaient une connaissance peu développée des transports, qu'ils soient prescrits ou à leur charge. Ce projet nous a aussi permis de confirmer certaines de nos intuitions : le besoin d'accompagnement des prescripteurs, la nécessité d'une interface avec les transporteurs, l'existence possible de solutions alternatives aux transports (comme la rationalisation des parcours de soins).

VOTRE RÉGION PARTICIPE AUSSI AU VOLET TERRITORIAL DU PROJET DE L'ANAP ?

Marc DACLIN :
En effet, l'ARS a souhaité pouvoir évaluer de manière très concrète les conséquences des modifications de l'offre de soins, y compris dans le domaine des transports. Aujourd'hui, la composante « transports » est intégrée de manière très approximative dans nos réflexions. Notre travail avec l'ANAP va donc nous permettre de mieux connaître les effets d'une modification de l'offre de soins sur les transports sanitaires, en partant d'une expérimentation, la création d'une Unité neurovasculaire du CH de Troyes.

Magali MANGIN :
Ce souci de connaissance et de maîtrise des coûts à l'échelle territoriale est tout à fait complémentaire de l'accompagnement des établissements que nous avons préalablement décrit. In fine, l'objectif est de piloter les transports sanitaires en toute connaissance de cause, avec l'ensemble des acteurs concernés. Dans notre région, le projet auquel nous participons crée une véritable attente et une envie de faire.

COMMENT SE PASSE LA COOPÉRATION ENTRE L'ARS ET L'ASSURANCE MALADIE ?

Marc DACLIN :
La coopération entre l'ARS et l'assurance maladie se développe au sein du programme pluriannuel de Gestion du risque, un des programmes du Projet régional de santé. Elle est d'autant plus importante à approfondir dans le cadre d'un projet opérationnel et concret comme celui que nous menons sur les Transports sanitaires avec l'ANAP. A l'ARS, nous travaillons avec grand plaisir avec nos correspondants de l'assurance maladie, dont les compétences et les connaissances sont complémentaires des nôtres et nous permettent d'avancer.

Magali MANGIN :
Cette complémentarité est en outre un gage de crédibilité auprès de nos partenaires, les professionnels de santé.

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