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Publication le Système d'information du médico-social : le point de vue des acteurs

LE POINT DE VUE DE LAURENT MONNET, DIRECTEUR DES SYSTÈMES D'INFORMATION, CROIX-ROUGE FRANÇAISE

Logo Croix Rouge française

Lors du séminaire de lancement en décembre, vous m'aviez dit :  " J'attends de ce projet qu'il permette aux acteurs du médico-social un partage de connaissances et de pratiques. " Aujourd'hui, le projet mené par l'ANAP répond-il à vos attentes ?
Le projet de l'ANAP répond pleinement à mes attentes ! Les moments de partage collectif proposés  sont constructifs, ils nous permettent d'envisager ensemble les progrès parcourus dans la manière d'aborder le SI et la capacité de travailler mieux ensemble, notamment autour des parcours et des échanges d'informations. J'ai bien sûr envie de poursuivre ces échanges.

En décembre, vous attendiez " qu'on sorte des outils qui permettent de mieux sensibiliser les acteurs. " Aujourd'hui, les outils proposés vous semblent-ils répondre aux attentes des gestionnaires/des structures ?
Il est en effet important de mettre à disposition des acteurs concernés, et en particulier du DG de l'établissement, un outil et les bonnes pratiques associées, notamment lorsqu'il est seul face à ces problématiques. Il est important de parler de "  valeur ", sortir d'une vision de ces projets comme des passages obligés ; il faut les percevoir comme une opportunité de dégager de la valeur pour toutes les parties prenantes, à commencer par l'usager  avec une  amélioration de la qualité et de l'efficacité de la prestation qui lui est proposée.
Lors de votre précédente  interview vous me disiez " Le SI dans le secteur du médico-social, oui, j'y crois encore ".

Vous y croyez encore plus aujourd'hui ?
Le SI, j'y crois en effet encore plus aujourd'hui, notamment lorsque je vois cette prise de conscience collective au cours de ces réunions, c'est encourageant ! Le sujet commence à prendre corps, je veux y croire encore plus mais pour cela il faut nous donner les moyens et les outils qui aideront les acteurs de ces projets à en faire un succès. L'action portée par l'ANAP va en ce sens. Mais cela ne suffira pas, bien sûr : il est encore question de budgets et de couverture du territoire par les réseaux de communication, notamment pour les structures isolées. Il faut donc que les politiques publiques veillent au bon déploiement sur les territoires…

LE POINT DE VUE DE DIDIER BERGERON, DIRECTION DE L'OFFRE DE SOINS ET DE L'AUTONOMIE, ARS LANGUEDOC-ROUSSILLON

Logo Agence Régionale de Santé (ARS)

Au lancement du projet, vous disiez : " Il ne faut pas que ce projet soit trop ambitieux et hors de portée, nous attendons des actions concrètes et réalisables progressivement. ". Qu'en est-il aujourd'hui ?
La publication de l'ANAP met en avant les retours d'expériences et les bonnes pratiques en matière de gouvernance, de conduite de projet, de définition des besoins, de connaissance de l'offre… Tous ces éléments constituent des bonnes pratiques classiques du SI, des " fondamentaux ", que l'on retrouve aussi dans le sanitaire. Quand on connait l'hétérogénéité du secteur médico-social, c'est une bonne chose de répertorier les  principes d'urbanisation ; mais pour aller au-delà, jusqu'à la mise en œuvre opérationnelle, cela risque d'être beaucoup plus compliqué pour les structures. En utilisant l'outil d'autodiagnostic proposé par l'ANAP, elles auront des clés pour y parvenir et pour identifier le chemin qui leur reste à parcourir. Je pense qu'il faut se cantonner sur quelques sujets précis et rester modeste ; par exemple nous allons travailler sur le circuit du médicament en Ehpad.

Vous me disiez en décembre " Nous attendons maintenant une aide à la coordination et surtout la continuité de l'information, pour garantir la transversalité nécessaire ". Quelques mois plus tard, le projet de l'ANAP a-t-il répondu vos attentes ?
Pas complètement… le sujet principal, et nous le disons tous, est le focus qui doit être mis sur les parcours. Nous souhaitons tous mettre en place un ensemble de services qui permette de suivre une personne, tout au long de son parcours. Aujourd'hui, nous ne le pouvons pas et le risque qui en découle est la perte d'informations et les risques associés en termes d'orientation, d'accompagnement ou de prise en charge.

Quelle est la prochaine étape selon vous ?
Après avoir posé les bases de l'urbanisation, il me parait important de continuer et d'aller plus loin, sur des projets ciblés, en se focalisant notamment sur le parcours des personnes âgées, avec les principes d'accessibilité, d'évitabilité et d'efficience. Nous pouvons, au niveau de l'ARS, impulser des projets mais nous ne sommes pas en mesure de répondre à tous les établissements, nous n'en avons pas les moyens. Nous avons déjà beaucoup à faire sur le sanitaire mais nous espérons appréhender le médico-social sur des projets bien précis, tel que nous venons de le programmer sur le circuit du médicament en Ehpad.

LE POINT DE VUE DE FLORENCE POUGNET, PILOTE, MAIA TERRITOIRE GRAND VERSAILLES.

Logo MAIA

Au lancement du projet, vous disiez : " Ce projet constitue une opportunité de faire reconnaitre la nécessité de travailler sur un SI commun ". Vous pensez que c'est toujours le cas aujourd'hui ?
Je crois que le projet mené par l'ANAP apporte des réponses sur la structuration du SI dans le médico-social. Il outille la réflexion, permet de faire un état des lieux, d'en tirer des bonnes pratiques et c'est très important, cela permet de lever certains freins, de trouver des éléments fédérateurs. On constate de façon unanime, parmi tous les acteurs ayant participé à ce projet, que nous avons tous une volonté commune d'harmoniser nos pratiques, de nous outiller et surtout de décloisonner le secteur. Il manque aujourd'hui un partage d'informations sur l'existant, la publication de l'ANAP va dans ce sens, c'est une bonne chose.

Vous disiez également  " J'attends du projet mené par l'ANAP une sensibilisation des différents acteurs et la proposition d'outils en accord avec nos besoins ". Les éléments proposés aujourd'hui par l'ANAP répondent-ils à vos attentes ?
Le travail qui a été porté par l'ANAP a permis de nous sensibiliser tous, à travers les restitutions de bonnes pratiques, il y a eu une convergence de vue, une prise de conscience partagée. Nous avons franchi une étape.  La publication et l'outil de l'ANAP ont été construits avec les acteurs du médico-social, sur la base d'une réflexion commune et en accord avec nos attentes et nos besoins.

Le SI dans le médico-social… vous y croyez encore plus aujourd'hui ?
J'y crois encore plus, le SI s'impose à nous, il est au cœur de tous les projets. Quand on parle de fluidification du parcours, de coopération, d'intégration, on parle aussi du SI.

Comment envisagez-vous la suite du projet ?
Le projet de l'ANAP nous rend acteur dans une stratégie globale d'organisation. J'aimerais continuer en ce sens, nous avons notamment un rôle à jouer dans la diffusion des outils proposés par l'ANAP.
Si ce projet doit continuer, et si on ne veut pas que les choses soient détachées du terrain, il faut continuer dans cette dynamique en intégrant des retours opérationnels des acteurs du secteur.

LE POINT DE VUE DE GHISLAIN TOBIE - RESPONSABLE ANIMATION & DÉVELOPPEMENT, SECTEUR MÉDICO-SOCIAL, GÉNÉRATIONS MUTUALISTES.

Logo Générations Mutualistes

En décembre, vous exprimiez votre souhait de " repérer ce qui marche bien, et le porter à la connaissance de tous ". Qu'en est-il aujourd'hui ?
La démarche proposée par l'ANAP, qui s'est notamment traduite par la mise à en valeur de l'utilisation d'un système d'information sur une thématique de gestion particulière ou globale au sein de différents gestionnaires du champ médico-social, nous permet de bien mesurer l'étendue du travail qui reste à fournir pour une forme d'urbanisation de l'offre. L'hétérogénéité des pratiques et des systèmes d'informations caractérisent bien notre secteur et on peut remarquer avec une nette distinction la différence de moyens alloués aux systèmes d'information de manière générale entre petites et grandes structures.

Tous les retours d'expérience montrent ainsi, à leur niveau, l'extrême importance consacrée à la réflexion en amont des projets. Ces points méthodologiques doivent ainsi garantir la construction ou l'amélioration d'un système en cohérence avec tous les utilisateurs et les besoins qu'ils induisent. C'est bien ce dernier point qui doit guider la gestion de projet et non les contraintes budgétaires ou calendaires, qui viennent trop souvent parasiter les travaux.

Vous nous disiez également " Les systèmes d'information, non seulement nous y croyons, mais nous pensons qu'il est aujourd'hui impossible d'apporter un service de qualité à un coût maîtrisé sans système d'information performant. " Pensez-vous que la publication et l'outil proposés par l'ANAP pourront contribuer à la performance du SI ?
La démarche proposée par l'ANAP vient confirmer que les bases d'une urbanisation des systèmes n'est pas simple. En complément, l'outil proposé par l'Agence et permettant aux gestionnaires de faire une évaluation de la performance et/ou de la pertinence de leur système d'information est intéressant.
Déterminer un outil commun comme celui-ci en tant que grille d'analyse des différents systèmes permet déjà d'avoir une vision plus globale.  Si cette démarche est intéressante du point de vue du gestionnaire pour l'accompagner dans le démarrage d'un projet SI, cela n'est pas  suffisant car il s'agit d'une étape préparatoire : identifier les éventuelles carences du système utilisé.

Les productions de l'ANAP vont donc contribuer à une meilleure évaluation des systèmes en place,  mais il reste encore du chemin à parcourir.  Notre rôle au niveau de la mutualité sera aussi de relayer et faire connaître ces bonnes pratiques, avoir une vision plus précise et globale des systèmes utilisés  et permettre une réflexion sur une démarche projet.

Nous continuons de penser qu'un système d'information performant agit sur l'ensemble des paramètres des acteurs locaux qui accompagnent les besoins des personnes fragiles sur le territoire.

LE POINT DE VUE DE MIKAEL AZOULAY, CHARGÉ DE MISSION - PÔLES TERRITOIRES ET DÉVELOPPEMENT DES USAGES, ASIP SANTÉ

Logo ASIP santé

Au démarrage du projet vous nous disiez : " Il convient que ce projet se traduise par des réalisations concrètes et opérationnelles. " Quel bilan en tirez-vous aujourd'hui ?
Le projet piloté par l'ANAP met en exergue la question de la maturité du SI dans le champ du médico-social, en faisant participer des acteurs nationaux, régionaux et des gestionnaires de structures. La publication et l'outil qui sont proposés in fine constituent un socle de travail essentiel aux gestionnaires, adossé à une approche de l'urbanisation du SI (cartographie des macro processus) centrée sur le parcours de l'usager.

Les programmes de l'ASIP Santé ont déjà permis de qualifier un état des lieux des SI pour les établissements sanitaires et médico-sociaux sur plusieurs régions (ie : programme Emergence). En quoi les travaux de l'ANAP prolongent-t-ils la réflexion ?
Les travaux de l'ANAP prolongent les réalisations de l'ASIP Santé et permettent de mettre à l'ordre du jour la question du SI du médicosocial, en particulier dans le champ de l'autonomie (personnes âgées et personnes en situation de handicap).

A ce titre, deux axes majeurs peuvent être soulignés :

  1. à court terme, un gestionnaire d'établissement/service de taille modeste pourra disposer d'une visibilité accrue quant à la trajectoire de conduite de son projet SI. Il bénéficiera en outre des retours d'expériences formalisés dans le cadre de l'étude autant que des outils de réalisation du diagnostic de son projet SI.
  2. à plus long terme, le projet engagé par l'ANAP contribue à l'émergence progressive d'une offre concurrentielle de solutions logicielles adaptées aux spécificités du champ médicosocial, respectueuses du cadre légal qui préside au partage et à l'échange des données de santé.