

Un riche partage d'expériences avec dix professionnels travaillant en établissements de santé, mais également dans l’industrie sur l’éco-conception des soins et des produits de santé plus éco-responsables. Cette webconférence a été réalisée en collaboration avec l'Ordre national des pharmaciens et l'Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l'innovation thérapeutique (OMDEDIT) d'Île-de-France.
Replay de la webconférence
Introduction
- « Vous êtes nombreux à innover, à mener des actions concrètes sur le terrain pour améliorer l'impact environnemental des produits de santé. Je suis heureuse de voir que ces 10 projets viennent d'horizons divers professionnels, d'établissements de santé publics et privés... et de constater les changements de pratiques… » Agnès Firmin-Le Bodo, ministre déléguée chargée de l'organisation territoriale et des professions de santé auprès du ministre de la Santé et de la Prévention. Agnès Firmin Le Bodo coordonne depuis mai 2023 la feuille de route de planification écologique pour le système de santé.
- « Réduire les commandes de réapprovisionnement, mais augmenter les surfaces de stockage ? S’orienter vers des dispositifs médicaux réutilisables, mais augmenter les produits nettoyants, les désinfectants, la consommation énergétique due à la stérilisation ? […] De nombreuses propositions sont émises à propos des produits de santé : achat responsable, meilleure gestion des déchets, optimisation de certains protocoles... Des propositions qui nécessitent des réflexions, des calculs, des expérimentations pour aller vers la bonne solution. » Dr Patrick Rambourg (Ordre national des pharmaciens)
- « Les dispositifs médicaux occupent une grande place dans la prise en charge des patients. Ils ont permis de gagner 10 ans d'espérance de vie en 50 ans, et améliorent la qualité de vie de patients touchés par des maladies chroniques. Mais ils ont aussi un impact moins positif sur la santé et l'environnement : émission de gaz à effet de serre, épuisement de ressources non renouvelables, atteinte à la biodiversité, exposition à des produits CMR. […] Ces 10 interventions montrent la mobilisation des professionnels sur ces enjeux et leur capacité à agir. » Dr Patricia Le Gonidec (OMEDIT IDF)
Innovation des industriels
Installer des centrales de fabrication de concentré acide en dialyse
Calydial, centre de dialyse, a remplacé l'utilisation d'acides liquides en mettant en place des centrales de fabrication de concentré acide, sur site.
« L'hémodialyse nécessite des dispositifs biomédicaux lourds et des consommables à usage unique à chaque séance : 500 litres d'eau, 3 kg de déchets, émission de gaz à effet de serre… […] En relocalisant la fabrication des concentrés d'acide sur le site de dialyse, nous sommes passés à une consommation de 4 à 6 litres d’eau pour chaque séance. Nous avons clairement diminué notre impact carbone :
- Moins de transports de solutés.
- Moins de déchets plastiques et disparition des bidons et des poches plastiques.
- Moins de consommation de matières (-20 % de gaspillage).
- Moins de manutention.
- Plus de temps pour soigner les patients. » Dr Agnès Caillette-Beaudoin (Calydial)
Arrêt d’utilisation du protoxyde d’azote comme gaz vecteur d’anesthésie
L'équipe d'anesthésie du CH de Toulon a fait le choix d'arrêter d'utiliser le protoxyde d'azote comme gaz vecteur d'anesthésie.« En 2022, le renouvellement de notre parc de respirateurs nous a permis d'acquérir des respirateurs plus performants et nous permettant de moins consommer de gaz et de vapeur anesthésique. Pour convaincre, nous avons mis en place un « mois sans Proton » débranché pendant 1 mois le respirateur de la prise murale du protoxyde d'azote pour montrer que c'était possible de fonctionner sans ce gaz. On fait des économies de 51 tonnes d'équivalent CO2, ça correspond à 18 allers-retours Paris-New York en avion. »
Dr Agnès Gendre (Hôpital Sainte-Musse Toulon)
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Ecoconception des soins : pose de chambre implantable sous hypnose
Le CH de Monaco a opté pour la pose de chambre implantable posée sous anesthésie locale et hypnose. Le patient est amené au bloc en procédure "patient debout".« Nos résultats, concrètement : moins de dispositifs médicaux à stériliser, moins de déchets (nous n’avons aucun DASRIA), et moins de consommation d’énergie. Les retours de patients sont très positifs concernant l'hypnose et la procédure "patient debout", avec une réduction du niveau d'anxiété. 69% des professionnels retrouvent du sens à leur travail et constatent une amélioration de la QVT. D’un point de vue économique et organisationnel, les coûts d'occupation des blocs sont divisés par 2, avec l’absence de passage en salle de réveil, un turn-over plus rapide en ambulatoire, et une récupération de créneau de consultation d'anesthésie. » Dr Laure Bonnet (Centre Hospitalier Princesse Grace de Monaco)
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Usage unique versus réutilisable ?
Les dispositifs médicaux de l’accouchement : usage unique ou réutilisable ?
Le CHU de Clermont-Ferrand a fait le choix d'acquérir des plateaux d'instrumentation réutilisable nécessaires à l'accouchement et à l’épisiotomie depuis l'automne 2023.« Ce choix découle d’une étude comparant l’usage de dispositifs médicaux à usage unique uniquement, à celui d'instrumentation réutilisable. […] Le réutilisable est favorable dans tous les cas : Un gain environnemental important : réduire les émissions de gaz à effet de serre équivalentes à 3 tours du monde en voiture et une consommation d'eau équivalente à 4 piscines municipales. Un surcoût annuel faible : sur un an, l'usage unique coûte 85 000 €, et le réutilisable 87 000 €. La motivation des équipes, malgré les étapes de pré-désinfection et de stérilisation. »
Dr Steffi Calland (CHU de Clermont-Ferrand).
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Les dispositifs restérilisables, le meilleur choix pour l’environnement ?
« A l'hôpital Paris Saint-Joseph, nous organisons des réunions Green Team autour du développement durable entre professionnels de santé. Deux dispositifs médicaux ont été étudiés pour réduire, réutiliser, recycler et repenser les pratiques : en dermatologie, le plateau suture à usage unique a été remplacé par un plateau restérilisable composé des mêmes instruments. Au bloc, pour remplacer le plateau badigeon à usage unique, nous avons intégré les instruments nécessaires pour la phase d'antisepsie directement dans les contenants de stérilisation. »Dr Samantha Huynh (Hôpital Saint Joseph)
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Optimisation des arsenaux d’instruments restérilisables
« Cette année à la stérilisation de l'hôpital Cochin, nous avons défini une stratégie de développement durable qui consiste à optimiser les arsenaux d'instruments restérilisables. Notre objectif était d'optimiser les compositions des systèmes d'emballage : Un sachet simple au lieu d'un double sachet dans les 60 services de soins. Sur les arsenaux du bloc opératoire, retrait de 800 instruments en sachet non utilisés. 200 plateaux opératoires révisés ou supprimés pour correspondre aux évolutions des pratiques chirurgicales des sept blocs opératoires. »Dr Quentin Misandeau (AP-HP, Centre Université Paris Cité)
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Création et amélioration des filières de tri
Outre-Mer : l'emballage, un environnement renouvelable
« Au GHT de Le Réunion, nous avons estimé à 87 tonnes la quantité de déchets d'emballage isothermes enfouis en déchetterie l'année dernière. 27 % des colis froids récurrents reçus durant le premier semestre de cette année étaient en excursion de température et 4 % ont dû être éliminés sur demande du fournisseur. Nous avons donc mis en place un circuit de récupération des emballages isothermes en vue de leur réutilisation avec Emball’Iso, fabricant d’emballages isothermes. A savoir que 30 réutilisations d’un emballage isotherme génèrent 91 % d’émission de CO2 en moins que 30 emballages à usage unique. » Dr Nathalie Celerier (GHT de La Réunion)> Consulter la bonne pratique
#EasyToCollect : Filière de recyclage des capteurs usagés
Easy to collect est le premier système individuel de collecte et de recyclage du dispositif médical FreeStyle Libre, un capteur de glycémie adapté pour les patients atteints de diabète de type 1 et de type 2 sous insuline.« Le patient utilise 26 capteurs par an et donc doit changer son capteur tous les quatorze jours. En tant qu’industriel et soumis au principe de la responsabilité élargie des producteurs, nous avons défini un mode de collecte et de recyclage de ce dispositif. Le patient est invité à collecter l'ensemble de ces capteurs sur une année, à domicile et à nous les renvoyer gratuitement. 98 % des métaux contenus dans ces capteurs sont aujourd'hui recyclés. » Pierre-Frédéric Degon (FreeStyle Libre d'Abbott)
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Dates et sessions

Pourquoi et comment se lancer dans une offre d'habitat intermédiaire, ces formes d'habitat pour les personnes âgées qui proposent une solution entre le domicile et l'Ephad ? Le 10 octobre 2023, opérationnels et institutionnels ont partagé leurs expériences et les actions de soutien qu'ils mènent.
Vous êtes décideur en établissement de santé ou médico-social ? Faites de votre établissement un acteur à impact du développement territorial. Le 19 octobre 2023, experts de l’innovation sociale, établissements pionniers et entreprises de l’économie sociale et solidaire ont partagé leurs clés opérationnelles.
Pour accélérer la démarche RSE de votre établissement, il vous faut les bons outils ! Feuille de route RSE, plan d’action Développement durable, gouvernance... Comment les mettre en place ? Quelles sont les étapes clés ? Le 13 décembre 2023, nos experts ont répondu à vos questions. Replay disponible !